LA DEVOTION A NOTRE DAME DU JUCH

La dévotion à N.D du Juch est fort ancienne, et de tous temps les deux pardons célébrés le lundi de Pâques et le jour de l’Assomption, ont attiré une foule de pèlerins.
Parmi ces « Pardonneurs“, les gens de Douarnenez tenez une place privilégiée. Ainsi en 1848, selon la « Fabrique » de Ploaré, la chapelle du Juch était “l’un des plus beaux monuments du pays, et les pardons, si solennels et si beaux voyaient accourir avec affluence les habitants de Douarnenez et de Ploaré.

Le pèlerinage

En 1858, M. Jossin, Recteur du Juch, écrivait lui-même : “La paroisse est un lieu renommé de pèlerinage, où affluent surtout les marins. Le jeune marin de Douarnenez appelé au service de l’Etat ne quittera pas son foyer sans venir saluer Notre Dame du Juch. A laquelle sa mère ira le recommander pendant son absence ». Et le bon pasteur ajoute : « Cependant, un combat se livre, le feu ennemi décime les rangs. Notre jeune marin dit sa prière vers Notre Dame du Juch. Il est sauvé. C’est ce jeune homme que nous voyons agenouillé devant son image. Nous avons été attendris plus d’une fois du spectacle de vieux marins faisant le tour de la nef à genoux…Ils venaient d’échapper au danger. Toutefois, je me rappellerai toujours ce matelot à barbe grise qui fit trois fois le tour de la nef à genoux avec un profond recueillement, et les yeux mouillés de larmes. Il vint ensuite me trouver et me raconta que, dans le trajet d’Alger à Marseille, au milieu d’une tempête, la foudre tomba à bord du navire chargé de souffre et ne laissa que deux hommes vivants sur huit !

Le choléra

Déjà, sept ans plus tôt, le Recteur du Juch signalait un trait de la protection de Notre dame du Juch sur sa paroisse : « En 1849, le choléra allait sévir au bourg du Juch. Le fléau comptait déjà 16 victimes.
Spontanément, le peuple demanda une procession. Elle a lieu, tout le monde en est, petits et grands, un cierge à la main et bannières de la Vierge en tête…Le choléra disparut entièrement. Et sa disparition a été regardé comme un miracle ».

Yves TANNEAU.

Les trois pardons annuel, An tri bardon

Le pardon du lundi de Pâques était le premier de la région et attirait des milliers de personnes. Notamment les Douarnenistes, qui venaient en grand nombre par le train. Les cérémonies religieuses se poursuivaient par une fête profane avec manèges, stands divers, etc., et où les bagarres avec les Douarnenistes faisaient partie de l’ambiance. Celui du 15 août n`était que religieux, mais il attirait aussi beaucoup de pardonneurs. Quant à celui de Saint-Maudet, le 3° dimanche de novembre, il avait un caractère local et beaucoup plus modeste sans le faste des deux autres.

L’ordonnancement de la procession des deux grands pardons

Préparée par le Conseil de fabrique, était d’une grande précision. Celui-ci désignait tous les porteurs, dont les noms étaient donnés en chaire quelque temps avant. En tête venait la croix la plus légère, portée à tour de rôle par trois hommes mariés; ensuite, c’était la bannière de Saint-Joseph, portée par trois adolescents de 14-15 ans; puis la statue de Saint-Joseph, par huit enfants de 11-12 ans (se relayant 4 par 4); ensuite venait la deuxième croix (un peu plus lourde), portée par trois hommes mariés (un homme resté célibataire ne pouvait pas prétendre porter une croix), puis la bannière vraz (offerte par un poilu revenu sain et sauf de la guerre), réservée à trois jeunes gens qui allaient partir au régiment; ensuite venait la bannière de Santez Jeanne d`Arc, portée par trois jeunes hommes non encore mariés.

La bannière de la Vierge, quant à elle était portée par trois jeunes filles (non mariées, évidemment), toutes vêtues de blanc; puis la statue de la Vierge, soutenue aussi par huit jeunes filles en blanc (se relayant 4 par 4); Puis la bannière de Sainte-Anne, patronne de la Bretagne, réservée à trois femmes mariées. Venait ensuite la statue de sainte Anne, soutenue par huit femmes mariées (2 fois 4). Et les reliques de Saint-Maudet (ar relegou), soutenues par huit grands-pères (les plus récents grands-pères étaient désignés d’office); enfin, il y avait la croix d’or (assez lourde), souvent portée par les proches des fabriciens (c’était un grand honneur que de la porter). Suivaient-les prêtres, puis les fidèles.


Lien direct sur un film réalisé avec Emile Gloaguen et conservé : avec  la cinémathèque de Bretagne